Les Chinois promettent 1000 emplois à Lachine

Trois jours après avoir essuyé un nouveau revers face à la Société de transport de Montréal (STM), l'entreprise chinoise Zhuzhou Electric revient à la charge et assure qu'elle créera « au moins de 750 à 1000 emplois » dans une usine de Lachine si elle obtient le contrat de fabrication des nouvelles voitures de métro.
Zhuzhou veut construire des wagons de métro sur roues d'acier et prétend qu'ils coûteraient « 95% moins cher », que les wagons sur pneumatiques que la STM veut commander au consortium Alstom-Bombardier.
Son représentant montréalais Glen Fisher a expliqué lundi que les voitures seraient construites dans l'ancienne usine Dominion Bridge, ce qui permettrait de respecter l'exigence de 60% de contenu canadien imposée la STM.
Ces immenses entrepôts sont situés le long de la rue Victoria à Lachine, entre la 1ère et la 6e avenue. Ils ont été achetés en 1998 par le groupe ADF Industries Lourdes inc, avec l'aide du fonds de solidarité de la FTQ, et appartiennent depuis 2004 à l'entreprise Cintube.
Infrastructure suffisante
« Nous avons une entente avec les propriétaires actuels pour louer l'usine, avec peut-être même une option pour l'acheter, si nous obtenons le contrat », assure Glen Fisher en entrevue à 24H.
« Toutes les infrastructures sont déjà en place dans l'usine, comme l'équipement pour lever des lourdes charges. Les entrepôts sont très vastes, suffisamment pour y entreposer les voitures après leur construction », poursuit-il.
« Il faudrait seulement ajuster l'éclairage, nettoyer un peu et remplacer quelques vitres brisées », évalue Glen Fisher.
La STM coupe les ponts
La semaine dernière, le Zhuzhou a demandé à la STM, par l'entremise de l'avocat bien connu Julius Grey, de lui fournir les spécifications techniques détaillées de son réseau de métro pour qu'elle puisse préparer sa soumission.
Vendredi soir, le transporteur a rejeté ces demandes du revers de la main, dans une lettre du cabinet Davies Ward Phillips & Vineberg dont 24H a obtenu copie.
« (Zhuzhou) ne peut exiger que la STM redéfinisse ses besoins et ceux de ses utilisateurs, change le produit qu'elle exploite avec succès depuis plus de 40 ans (...), modifie radicalement ses spécifications techniques et adapte ses infrastructures », peut-on y lire.
« La STM nous a donc donné instructions de vous aviser qu'elle ne donnera pas suite à vos demandes », concluent les avocats qui représentent la STM.
Le 22 janvier dernier, après qu'elle se soit entendue avec Alstom et Bombardier sur les termes d'acquisition de 765 nouvelles voitures et d'une option pour 288 voitures additionnelles, la STM a lancé un avis d'intention de 30 jours pour permettre à de nouvelles entreprises intéressées de se manifester.
jeanlouis.fortin 24-heures.ca

